Mardi 15 octobre 2019
Mozart explosé
Le Quatuor Chiaroscuro en mal de grâce
Beethoven – Mozart

Quand il fallait dissonner dans Mozart, les musiciens du Quatuor Chiaroscuro faisaient merveille et honneur à leur nom : ils passaient de la plus grande vivacité à la plus grande mélancolie, avec la fougue de la jeunesse et la gracieuse insouciance de ceux qui ne songent pas encore à l’avenir. Aujourd’hui, les voici dans Mozart encore, mais aussi dans Beethoven, avec un quatuor un peu plus sérieux. Seulement le charme qui émanait de leur premier enregistrement semble s’être envolé, il ne reste que la tempête, les effets et les efforts. Ce n’est plus du clair-obscur avec toutes les nuances qui y sont associées, mais un noir et blanc aux contrastes forcés, des coups de boutoir et des passages transparents, qui amènent petit à petit les interprètes à « dissonner » les uns des autres, comme pour mieux affirmer leur territoire propre. Dans le Mozart K 428, l’affaire se gâte : muscler cette musique, c’est bien ; affermir le dialogue entre les quatre instruments, c’est bien ; s’éclater en jouant, c’est bien. Mais gare à l’éclatement : à force de défendre chacun leur partie, les musiciens donnent l’impression qu’ils ne jouent plus ensemble… Or la dissonnance est aussi peu éloignée de la cacophonie que le Capitole de la Roche tarpéienne…
Gérard Pangon

Beethoven : Quatuor à cordes n°11 op.95 – Mozart : Adagio et fugue en ut mineur K. 546 ; Quatuor à cordes n°16 K. 428
Chiaroscuro Quartet
1 CD Aparté AP051
57 min

mis en ligne le dimanche 2 juin 2013

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