Mardi 15 octobre 2019
Métaphore surfilée
Un Tannhäuser sans fait ni cause par la chorégraphe Sasha Waltz
Tannhäuser

Première critique de son propre travail, la chorégraphe – metteur en scène Sasha Waltz a qualifié ce Tannhäuser berlinois de catastrophique. Il est vrai qu’au-delà de quelques images-phares, comme cet œil géant laissant voir le Venusberg, elle ne semble pas avoir grand-chose à dire sur cette vaste métaphore des souffrances de l’Artiste dans une société qui ne le comprend pas. On danse beaucoup dans son spectacle - osera-t-on dire qu’on y valse jusque dans la Wartburg et sur un rythme de marche ? – et pourtant l’ensemble paraît statique à force de vacuité, la direction d’acteurs étant par ailleurs inexistante. Peter Seiffert – chanteur raffiné mais piètre comédien – en est comme le symbole, à la tête d’une distribution où les messieurs tiennent le haut du pavé, surtout Peter Mattei, Wolfram plus sensible que nature, et René Pape, solide Landgraf. Les dames sont plus ordinaires, du « trop » de Marina Prudenskaia en Vénus au « trop peu » d’Ann Petersen en Elisabeth. A la tête de « sa » superbe Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim oscille lui aussi entre le « trop » (de son, d’intentions) et le « pas assez » (de finesse, de sens de la litote).
François Lafon

Tannhäuser
René Pape (Le Landgraf Hermann), Peter Seiffert (Tannhäuser), Peter Mattei (Wolfram von Eschenbach), Marina Prudenskaya (Vénus), Ann Petersen (Elisabeth)
Choeur du Staatsoper de Berlin, Staatskapelle Berlin
Direction musicale : Daniel Barenboim
Mise en scène : Sasha Waltz
Réalisation : Vincent Bataillon
2 DVD BelAir Classiques BAC 122
3 h 12 min

mis en ligne le mercredi 30 décembre 2015

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.