Mercredi 16 octobre 2019
Mer (trop) calme pour Feldman
Feldman, Cage et Satie judicieusement associés
Rothko Chapel

Tournées vers la contemplation, les partitions de l’Américain Morton Feldman (1926-1987) réclament de l’interprète une tension bien particulière, puisque il s’agit « d’orchestrer » le silence entre les accords et leur réverbération, un peu à l’image du jardin japonais où l’espace entre minéraux et végétaux crée comme un théâtre. Hommage au peintre Mark Rothko – dont les toiles invitent elles aussi à la méditation –, Rothko Chapel, destiné à une poignée d’instrumentistes et un chœur, symbolise cette ascèse. Emmenée par Kim Kashkashian (alto) et Sarah Rothenberg (piano et célesta), cette solide équipe américaine plonge avec délice dans un océan de sonorités douces et enjôleuses – trop, peut-être… Car à vouloir communier avec cette grande figure du minimalisme, on peut oublier que chez lui, comme chez John Cage ou Erik Satie (compléments judicieux de cet album), la gravité se conjugue toujours avec une bonne dose d’humour, voire un franc éclat de rire. Une version sage, qui ne fera pas oublier celles, de référence, à la dynamique plus fine : Université de Berkeley avec David Abel (alto) pour Feldman, J. Gottlieb et S. Schleiermacher pour le piano de Cage, et R. de Leeuw et A. Tharaud pour celui de Satie.
Franck Mallet

Feldman : Rothko Chapel - Satie : Gnosienne n° 4, 1 et 3 ; Ogive n° 1 et 2 - Cage : Four 2 ; ear for EAR ; Five ; In a Landscape
Kim Kashkashian (alto), Sarah Rothenberg (piano, celesta), Steven Schick (percussions), Sonja Bruzauskas (mezzo-soprano), Lauren Snouffer (soprano)
Houston Chamber Choir
Direction musicale : Robert Simpson
1 CD ECM New Series 2378
1 h 10 min

mis en ligne le vendredi 23 octobre 2015

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