Vendredi 18 octobre 2019
Mahler chez Rimski-Korsakov (DVD)
Valery Gergiev manie le premier degré avec éclat
Symphonies n°4 et 5

Le cycle des Symphonies de Mahler par Valery Gergiev et le Symphonique de Londres n’incite pas à la nuance : on adore ou on déteste. C’est un Mahler au premier degré, où les sentiments dégoulinent, où les sarcasmes grimacent, où la foi soulève les montagnes, un Mahler dont l’humour, l’ironie, l’autodérision sont absents, un Mahler prétexte à faire sonner les cuivres, ronfler les cordes et claquer les percussions. Voici maintenant, dans le cadre des Proms au Royal Albert Hall de Londres - qui est aux salles de concerts « normales » ce que les Arènes de Vérone sont à l’Opéra Royal de Versailles -, les 4ème et 5ème Symphonies par Gergiev avec le World Symphony Orchestra for Peace, une phalange de circonstance fondée en 1995 par Georg Solti pour le cinquantenaire de Nations Unies et dont les membres sont issus des meilleurs orchestres de la planète. Ce n’est pas dans la 4ème Symphonie, la plus souriante, donc la plus trompeuse, que Gergiev trouve sont meilleur emploi, mais il est ici plus sobre, plus neutre, donc moins caricatural qu’avec le London Symphony, et Camilla Tilling, dans le grand lied final, est un modèle de fraîcheur enfantine en regard de la minaudante Laura Claycomb. Dans la 5ème, inondé de sueur, étouffé par l’émotion, sculptant à mains nues des figures tragiques, Gergiev confond plus que jamais Mahler et Rimski-Korsakov. Mais le souffle est là, et une certaine sincérité qui peut aider à découvrir cette musique truffée de chausse-trapes.
François Lafon

Symphonies n°4 et 5
Camilla Tilling (soprano)
World Orchestra for Peace
Direction musicale : Valery Gergiev
Réalisation : Matt Woodward
1 DVD Unitel Classica
2 h 34 min

mis en ligne le jeudi 16 juin 2011

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