Jeudi 26 mai 2022
Ludwig fin XVIIIème
Kristian Bezuidenhout remet Beethoven dans son époque
 
Le même, pas pareil
Ludwig
début XIXème
Alfred Brendel
- Simon Rattle
Piano Concertos nos. 1 & 3

Saura-t-on jamais un jour la manière dont l’orchestre dialogua avec Beethoven lors de la création du Concerto pour piano n°3 ? Ce qui est sûr, c’est qu’en avril 1803, le compositeur n’avait pas écrit complètement la partie de piano qu’il joua de mémoire, sans doute en improvisant quelque peu, ce qui ne dut pas faciliter la tâche du chef. Deux siècles plus tard, la situation semble se répéter : comme dans les épisodes précédents (Concertos n°2 et 5 – voir ici – et Concerto n°4 – voir ), Pablo Heras Casado donne l’impression d’être tendu face au pianoforte de Kristian Bezuidenhout dont la fluidité et le raffinement continuent d’éblouir, tandis que l’orchestre est parfois un peu rèche alors qu’on le sait capable de moelleux. Les seconds mouvements du Concerto n° 3 comme du n°1 en témoignent, le dialogue piano-orchestre y est tout en nuances et en poésie, comme des confidences en clair-obscur. Dans son souci d’être au plus près « des traditions d’exécution musicale du XVIIIème siècle finissant », Kristian Bezuidenhout a, dit-il, révisé « certaines modifications mystérieuses du tempo datant de la fin du XIXème siècle et qui ont déformé les intentions hardies de Beethoven (à ce que je crois) ». Son interprétation, en tout cas, à la fois épurée et sensible, sans épanchements inutiles, est totalement séduisante.
Gérard Pangon

Concertos pour piano n°1 et n° 3
Kristian Bezuidenhout (pianoforte)
Freiburger Barockorchester
Direction musicale : Pablo Heras-Casado
1 CD Harmonia mundi HMM902412
1 h 07 min

mis en ligne le vendredi 6 mai 2022

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