Mardi 15 octobre 2019
Liszt et l’obsession de la mort
Olivier Moulin joue un éloge funèbre
Franz Liszt - Olivier Moulin

Dans les multiples facettes de la musique lisztéenne, plusieurs thèmes récurrents s’entremêlent. La mort et la religion en sont les fers de lance et peut-être même constituent-ils une seule et identique voix : son obsession de la mort ouvre à Liszt le chemin de sa quête spirituelle. Le pianiste français Olivier Moulin a composé le programme de son premier enregistrement autour de ce thème. Il a choisi quatre grandes œuvres (Danse macabre d’après Saint-Saëns, Funérailles, Après une lecture de Dante, Totentanz), qu’il sertit dans d’autres compositions de moins grande envergure mais qui scintillent du même questionnement. Les grandes œuvres sont des monuments de lyrisme auquel il donne le change du point de vue de l’émotion. Sur les phrases les plus virtuoses, on pourra apprécier comment il résiste à la tentation des forte assénés et préserve la qualité du son ; il demeure cependant un sentiment d’équilibre atteint in extremis, l’impression d’un manque d’assurance qui pourrait bien être le revers de la médaille de la discrétion du pianiste lui-même. Du coup ce sont les œuvres mineures, qui ne manquent d’ailleurs pas d’intérêt, qui sont les mieux réussies.
Katchi Sinna

Danse macabre d’après Saint-Saëns, En rêve, Funérailles, Sonnet de Pétrarque 104, Après une lecture de Dante, Impromptus, Nuages gris, Totentanz
Olivier Moulin (piano)
1 CD Ameson ASCP 1121
1 h 12 min

mis en ligne le jeudi 26 janvier 2012

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