Mardi 15 octobre 2019
Les pièges de la Fantastique
Marek Janowski passe à côté du romantisme berliozien
 
Le même, pas pareil
Des timbres … fantastiques
Thomas Beecham, sorcier d’orchestre
Symphonie fantastique – Ouverture « Le Roi Lear »

La Fantastique  est décidément une symphonie-piège. Il faut avoir, pour la diriger, la tête classique et le bras romantique, l’imagination sous opium mais un œil d’entomologiste. A défaut de cette quadrature du cercle, que quelques chefs seulement ont résolue (Igor Markevitch en tête), la mise en valeur de l’étrangeté de sa forme et de son orchestration (ce que faisait très bien Thomas Beecham) peut provoquer l’état de rêve éveillé recherché par Berlioz. Marek Janowski, qui fait autorité dans le romantisme allemand (c’est lui qui a fait du Philharmonique de Radio France le plus germanique des orchestres hexagonaux), passe à côté de cet état. Il va puiser dans son expérience du fantastique selon Weber : sous sa baguette, la « Marche au supplice » et le « Songe d’une Nuit de sabbat » (les deux derniers mouvements) rappellent que l’oeuvre (1830) n’est que de neuf ans postérieure au Freischütz. Pourquoi pas ? Mais les « Rêveries-Passions » initiales ne sont que brumeuses et le « Bal » plus militaire qu’halluciné. L’Orchestre de Pittsburgh, qui ne demande qu’à faire valoir son opulence, a un son plus flatteur dans l’Ouverture « Le Roi Lear », presque contemporaine de la Fantastique, où Berlioz fait dialoguer, avec son sens inné du théâtre, les cordes graves (le Roi) et le hautbois (la frêle Cordelia).
François Lafon

Symphonie fantastique – Ouverture « Le Roi Lear »
Orchestre Symphonique de Pittsburgh
Direction musicale : Marek Janowski
1 SACD Pentatone PTC 5186 338
1 h 06 min

mis en ligne le mercredi 25 août 2010

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