Mardi 15 octobre 2019
Les fruits d'un amour tardif
Ilya Gringolts aux prises avec le violon de Schumann
Les Sonates pour violon et piano

Parce qu'il était pianiste et que le piano a été son premier moyen d'expression comme compositeur, Schumann reste surtout connu par ses oeuvres pour clavier. Mais son imagination était trop débordante pour se confiner à ce seul instrument. L'un de ses derniers amours a été le violon. Ses deux sonates pour violon et piano, oeuvres tardives (elles ont été composées en un temps record en 1851, et encore il faut ajouter une troisième qu'il n'a pas eu le temps de compléter) sont pourtant boudées par les interprètes. Peu jouées parce que peu payantes ? Il est vrai que Schumann n'a pas gâté les violonistes : il préfère le côté plus sombre de l'instrument et la mélodie monte rarement dans l'aigu, là où les virtuoses aiment briller. En les écoutant dans cette interprétation on comprend mieux le défi posé par Schumann. Pas toujours à l'aise, Ilya Gringolts s'engage avec panache mais sans trouver vraiment le ton qui convient. Si la Première (que Schumann n'aimait pas !) est assez convaincante, avec son finale haletant, l'interprétation de la Deuxième sonate est vraiment heurtée, trop fébrile pour faire sentir justement la fièvre de la musique, avec un violoniste qui semble parfois aux prises avec la partition. Dommage, car Peter Laul lui offre un beau soutien.
Pablo Galonce 

Sonate pour violon et piano n° 1 op. 105 - Sonate pour violon et piano n° 2 op. 121 - Sonate pour violon en piano n° 3 WoO 27
Ilya Gringolts (violon), Peter Laul (piano)
1 CD Onyx 4053
1 h 07 min

mis en ligne le samedi 7 août 2010

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