Vendredi 18 octobre 2019
Les errances du Voyageur
Tristan Pfaff tente de déjouer les pièges du piano schubertien
Wanderer Fantaisie - Sonate D. 894 - Marche militaire

Le jeu du charbonnier (comme on dit la foi du…) est-il payant dans Schubert ? « Non », répondra le penseur Alfred Brendel, « peut-être », nuancera l’inspiré Sviatoslav Richter. En concert comme sur ce disque, le jeune Tristan Pfaff, élève du rigoureux Denis Pascal et de l’aventureux Michel Béroff, ne répond pas, se cherche et parfois trouve. La Sonate « Fantaisie » D. 894, que Schumann considérait comme « la plus parfaite quant à l’esprit et à la forme » et que Liszt qualifiait de « poème virgilien », concentre dans son premier mouvement tous les pièges du piano schubertien : construction labyrinthique, jeu permanent entre un bonheur trop évident et une douleur toujours présente. Tristan Pfaff y impose un ton et une personnalité, mais ne tient pas toujours le fil, et oscille entre jeu scolaire et surinterprétation. Dans la Wanderer Fantaisie, il retrouve le brio de son récital Liszt (déjà chez Aparté), qui s’affirme de mouvement en mouvement, et qu’il laisse éclater dans la Marche Militaire n°1. On regrette d’autant plus que l’enregistrement, effectué à l’abbaye de Fontevraud, donne l’impression que son piano est enfermé dans une chambre capitonnée. 
François Lafon

Wanderer Fantaisie - Sonate
Tristan Pfaff (piano)
1 CD Aparté AP065
1 h 00 min

mis en ligne le dimanche 25 août 2013

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