Dimanche 26 mai 2019
Le côté obscur de Ludwig van B
Maurizio Pollini dans l’orbe de Beethoven
 
Le même, pas pareil
Le côté clair de Ludwig van B
Wilhelm Kempff et l'illumination
Sonates op.7 – 14 – 22

Dès que Beethoven s’installe à Vienne, il devient, à vingt-deux ans, la coqueluche de l’aristocratie : vif, fougueux, brillant, virtuose, il est le pianiste qu’on s’arrache et donne en concert dans les salons mondains, les pièces pour piano, les trios et les quatuors qu’il vient de composer. Est-il alors aussi insouciant que sa musique pourrait nous le laisser croire ? Pas sûr. C’est du moins ce que suggère Maurizio Pollini dans son interprétation de sonates écrites avant 1800, l’année où Beethoven achève sa première symphonie et commence de ressentir les premières symptômes de la surdité. Cette approche n’est pas nouvelle pour le pianiste : il considère depuis toujours les 32 sonates comme une œuvre à part entière, dont il met en évidence les profondeurs ou les envolées, prend, dès qu’il en a l’occasion, le parti de la dramatisation et donne, de ce fait, plus de force encore aux instants d’allégresse. Maurizio Pollini se laisse aller à la mélancolie, annonce les tourments du Beethoven des dernières années, inscrit son interprétation dans une trajectoire globale. Il ne joue pas les partitions mais les émotions, la marque des seigneurs, évidemment.
Gérard Pangon

Sonates n°4, op.7 ; n°9, op.14 n°1 ; n°10, op.14 n°2 ; n°11, op.22
Maurizio Pollini (piano)
1 CD Deutsche Grammophon 477 8806
1 h 13 min

mis en ligne le samedi 16 novembre 2013

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