Mardi 15 octobre 2019
La voix d’une femme en demi-teinte
Bernarda Fink confidente de Robert Schumann
Poèmes de la reine Marie Stuart ; Lieder d’après Friedrich Rückert, Liederkreis op. 39

Schumann compositeur de la femme comme Schubert a été celui de l’homme ? Ce serait trop simple, et pourtant, à entendre Bernarda Fink dans les Poèmes de la Reine Marie Stuart ou dans les Myrthen, on se dit qu’une voix féminine, et surtout cette voix-là, grave tout en respirant la jeunesse, rassurante sans être maternelle, est irremplaçable. On voudrait, tant on se sent bien en sa compagnie, que Bernarda Fink aille plus loin encore dans cette confidence, qu’elle ose craquer par moments, nous mettre mal à l’aise, dire très fort ce que, justement, elle ne veut pas dire. C’est particulièrement sensible dans les Liederkreis op. 39, qui comptent parmi les plus grandes pages de Schumann. Fink ne dépassait pas non plus ce seuil dans L’Amour et la Vie d’une femme, le cycle contemporain de ces Liederkreis, qu’elle a enregistré il y a trois ans. Quelle meilleure occasion pourtant de se maintenir sur des sommets qu’elle atteint parfois en scène, plus rarement sur disque ? Avec un autre pianiste peut-être… Toujours est-il que cette sorte de classicisme avec lequel elle chante la plus romantique des musiques a beaucoup d’allure, et peut entraîner une grande émotion. Que demander de plus ?
François Lafon


Myrthen ; Poèmes de Marie Stuart ; Lieder d’après Friedrich Rückert, Liederkreis op. 39
Bernarda Fink (mezzo-soprano), Anthony Spiri (piano)
1 CD Harmonia Mundi (2009)

mis en ligne le mercredi 9 décembre 2009

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