Mardi 15 octobre 2019
La mort aux trousses
Gergiev reste à la surface de Chostakovitch
 
Le même, pas pareil
A feu et à sang
Kirill Kondrachine et le Philharmonique de Moscou
Symphonie n° 3 \"Le Premier Mai\" - Symphonie n° 10

Comme un bon Hitchcock, la Dixième symphonie de Chostakovitch donne l’impression d’un cauchemar éveillé : dès la sombre introduction, grand plan-séquence de plus de vingt minutes, jusqu’au final faussement enjoué en passant par le barbare scherzo et le grotesque troisième mouvement, on entend un faux coupable essayer d’échapper à un impitoyable pouvoir. Pas étonnant que Chostakovitch ait attendu la mort de Staline pour montrer cette œuvre. La peur est sa substance même et le faux coupable n’est autre que le compositeur lui-même : omniprésentes, mitraillées d’une manière obsessionnelle, les quatre notes qui forment sa signature musicale sont le MacGuffin de cette partition. Valery Gergiev raconte ce traquenard avec pas mal d’effets et joue avec nos émotions, comme s’il n’avait pas confiance en la substance musicale même de l’oeuvre. En bon chef de théâtre qu’il est, il sait ménager le suspense mais sans parvenir à créer cette atmosphère oppressante qui fait le prix de la Dixième symphonie. C’est vrai que l’Orchestre du Mariinski, enregistré sur le vif, pâtit aussi de la comparaison avec d’autres formations. Gergiev est plus convaincant dans la faible Troisième symphonie « Le Premier Mai », page naïve (dans tous le sens du terme) à ranger dans le chapitre des œuvres de propagande du jeune Chostakovitch.
Pablo Galonce

Symphonie n° 3 ''Le Premier Mai'' - Symphonie n° 10
Choeur et Ochestre du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg
Direction musicale : Valery Gergiev
1 SACD Mariinsky MAR0511
1 h 20 min

mis en ligne le mardi 5 juillet 2011

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