Mardi 15 octobre 2019
La mélancolie des sonates de Brahms
Un dialogue parfois trop pâle entre G. Laurenceau et J. Farjot
 
Le même, pas pareil
Des sonates poignantes
Joseph Suk et Julius Katchen en 1967
Sonates pour violon et piano

Dans ses sonates pour violon et piano, Brahms, l'éternel solitaire, se dévoile plus que jamais : la mélancolie domine, juste interrompue parfois par quelques thèmes presque lyriques qui laisseraient penser que le compositeur aurait eu, sans doute à son corps défendant, un accès de gaieté. La plupart du temps, toutefois, elles ressemblent à l'itinéraire d'un funambule qui avance en cherchant son équilibre, tantôt du côté du violon, tantôt du côté du piano, et, dans ces moments-là, tel le fil-de-fériste à la limite de la rupture, Brahms frôle les extrêmes avec des aigus inquiets ou des graves perplexes. Ce dialogue entre le violon et le piano impose aux musiciens modestie et humilité : une interprétation clinquante ou trop sentimentale en trahirait à coup sûr l'esprit. Geneviève Laurenceau et Johan Farjot ont ce talent de servir le compositeur sans chercher à briller, en jouant la complémentarité comme dans un tête à tête qui va de l'affrontement au chuchotement. Mais dans ces sonates d'un accès souvent difficile, ça ne suffit pas : pour donner toute leur force et toute leur intériorité aux passages les plus indécis ou les plus arides, il faut une musicalité à toute épreuve et une sonorité sublime auxquelles les interprètes, ici, ne parviennent pas toujours
Gérard Pangon

Sonates op. 78, op. 100, op. 108
Geneviève Laurenceau (violon), Johan Farjot (piano)
1 CD Zig Zag Territoires ZZT 100 802
1 h 19 min

mis en ligne le lundi 30 août 2010

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