Mardi 15 octobre 2019
La lettre sans l'esprit
Sylvain Cambreling passe Bruckner aux rayons X
Symphonie n° 4 "Romantique" - Symphonie n° 6

Bruckner est-il soluble dans la modernité ? Peut-on diriger ses symphonies en faisant fi de toute la tradition romantique ? Le plus mystique des compositeurs, avec la permission de Messiaen, doit-il être sécularisé enfin ? C'est bien ce que semble penser Sylvain Cambreling, qui dirige justement la Romantique et la Sixième dégraissées jusqu'à l'os, débarrassées de toute emphase et sveltes comme une jeune fille. Le choix de l'orchestre est tout sauf accidentel. Le Symphonique de la SWR, connu comme une excellente formation pour la musique contemporaine grâce à Hans Rosbaud, Ernest Bour et Michael Gielen, sonne ici comme un gigantesque ensemble de chambre : même dans les passages les plus lourdement orchestrés de la « Romantique », chaque détail est audible. Les tempos sont plutôt vifs, et Cambreling ne s'amuse pas à jouer au toboggan dans les gigantesques crescendos. Mais si ces radiographies nous montrent avec acuité les squelettes des oeuvres, il manque trop de chair pour que la communion soit complète : dans une Quatrième qui passe comme un soupir, on ne trouve pas  l'atmosphère pastorale, et, dans la Sixième, l'envolée héroïque du premier mouvement ne décolle pas vraiment. Et que devient Bruckner sans sa grandeur ?
Pablo Galonce

Symphonie n° 4 Romantique - Symphonie n° 6
Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Freiburg
Direction musicale : Sylvain Cambreling
2 CD GLOR Classics GCO9231 (Romantique) et GCO9241 (n° 6)
1 h 02 min (Romantique) et 52 min (n° 6)

mis en ligne le vendredi 6 août 2010

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