Lundi 27 mai 2019
La force de l’âge
Riccardo Chailly se souvient que Brahms a été jeune aussi
 
Le même, pas pareil
Jeune mais déjà sage
Bernard Haitink
et le Concertgebouw
Serenades

Insouciant, lumineux, festif : ce ne sont pas des mots qui viennent d’abord à l’esprit quand on pense aux oeuvres de Brahms. Ce sont pourtant ceux qui conviennent pour ses deux sérénades (complétées alors que le compositeur est âgé d'à peine 26 ans), premiers essais avec l’orchestre, bien avant la Première symphonie. Tout Brahms est déjà là, certes, mais à force de n’y voir que des exercices préparatoires pour les monuments à venir, on a fini trop souvent par vouloir écouter à la lumière des imposantes œuvres de la maturité. Pas Riccardo Chailly, intéressé plutôt par l’apprenti symphoniste à la recherche de modèles dans les classiques viennois. Pour retrouver une insouciance et une fraîcheur que l’on a rarement entendu dans ces pages, il donne de la vitesse au Gewandhaus et allège sa battue. Au lieu de projeter l’ombre, au propre comme au figuré, des quatre symphonies à venir, il met en lumière plutôt une exubérance digne de Haydn, surtout dans la première sérénade où la solennité est remplacée par une tension festive qui fait oublier les quelques longueurs et redites. Dans la deuxième sérénade, moins éclatante mais plus subtile, le travail des bois du Gewandhaus mérite à lui seul le détour. De quoi remettre en question l’étiquette de mineures pour deux œuvres à redécouvrir.
Pablo Galonce

Sérénade n° 1 en ré majeur op. 11 - Sérénade n° 2 en la majeur op. 16
Orchestre du Gewandhaus de Leipzig
Direction musicale : Riccardo Chailly
1 CD Decca 478 6775
1 h 05 min

mis en ligne le lundi 20 avril 2015

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