Mardi 15 octobre 2019
La confusion des sentiments
Brahms en famille par Sergey et Lusine Khachatryan
Sonates pour violon et piano

« Aimez-vous Brahms? » demandait Françoise Sagan. « Vous aimerez les trois Sonates pour violon et piano », peut-on affirmer : mélodies entêtantes, mélancolie tenace, jeux d’ombres et de lumière entre un violon inspiré (l’ombre de Joachim, créateur du Concerto pour violon, plane sur la première, surnommée Regensonate - Sonate de pluie) et un piano toujours à l’écoute. Avec un frère et une sœur à l’affiche, tels les jeunes Sergey et Lusine Khachatryan, le rêve prend une dimension supplémentaire, soulignée par une pochette sépia, très chic. Le début de la première est prometteur : violon en suspension, piano ferme et chantant. Mais dans l’Adagio – grand tube brahmsien – le propos se perd, le sentiment devient sentimentalisme, le charme se rompt. La deuxième Sonate (Thuner-Sonate, du nom du lac suisse sur les rives duquel elle a été composée) a du mal à s’en remettre. La troisième, plus directe, plus immédiatement lyrique, va mieux aux Khachatryan, et le finale, « quasi-symphonique, presque choral et hymnique » (Brigitte François-Sappey) est emporté comme il faut, mais continue de surexposer la tenace disparité entre le violon de soie de Sergey et le piano impeccable mais plus impersonnel de Lusine. 
François Lafon

Sonates pour violon et piano n° 1, 2, 3
Sergey Khachatryan (violon), Lusine Khachatryan (piano)
1 CD Naïve V 5314
1 h 15 min

mis en ligne le samedi 3 août 2013

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