Mardi 15 octobre 2019
L’ambiguïté en moins
Gustavo Dudamel dans les rets de l’orchestre straussien
Also sprach Zarathustra - Till Eulenspiegel - Don Juan

Ombres de Karajan et de Karl Böhm : avec le Philharmonique de Berlin, Gustavo Dudamel se mesure à Richard Strauss sur ses terres. On l’attend dans l’introduction d’Ainsi parlait Zarathoustra, (trompettes, timbales, orgue, ut majeur, à voir et entendre dans 2001, l’Odyssée de l’espace) et il ne déçoit pas. Comme beaucoup de ses confrères (même Karajan, même Böhm) il a un peu de mal en revanche à tenir la distance des huit chapitres suivants, où Strauss tourne en rond avec art. L’orchestre tonne et caresse comme il sait le faire, mais il s’enlise dans des tempos plus démonstratifs qu’ « organiques », et l’ensemble peine à décoller vers les hautes sphères de la philosophie. Mêmes problèmes dans Till Eulenspiegel et Don Juan, chefs-d’œuvre déjà théâtraux d’un Strauss pas encore maître de l’opéra : on attend un Dudamel ludique et flamboyant, et l’on trouve un chef sûr de ses effets, mais dirigeant au premier degré, et passant à côté de la dimension ironique, de l’ambiguïté étudiée qui fait de ces pièces bien plus que des démonstrations de virtuosité. Orchestre somptueux, là aussi, et prise de son (live) spectaculaire. 
François Lafon

Also sprach Zarathustra - Till Eulenspiegels Lustige Streiche - Don Juan
Orchestre Philharmonique de Berlin
Direction musicale : Gustavo Dudamel
1 CD Deutsche Grammophon 479 1041
1 h 10 min

mis en ligne le mercredi 30 octobre 2013

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