Mardi 15 octobre 2019
L'amour sans passion
Magdalena Kozena revient sur les chants qui ont bercé son enfance
Lettere Amorose

Dans la série des concerts de diva sur un thème incertain proposés ces dernières années par les maisons de disque, ce nouvel avatar fait suite à un CD de 2008 lui aussi publié chez DG et lui aussi consacré aux musiques qui ont bercé l’enfance de la mezzo soprano tchèque (Songs My Mother Taught Me). Ces lettres sont donc, dans l’ensemble, mélancoliques, pleines « du doux chant d’Euterpe » ! Parfois, comme il est dit dans la berceuse de Tarquino Merula, « il est temps de dormir ». La beauté de la voix de Magdalena Kozena n’est pas sans froideur, et la clarté de sa diction ne laisse guère transparaitre de passion amoureuse, mais plutôt de la nostalgie, celle d’un sentiment d’affection qui appartient plus à l’enfance qu’à l’âge adulte. Le répertoire abordé ici est largement oublié, parce qu’il s’agit de « musique de rue » : Filippo Vitali, Luis de Briçeño, Biagio Marini et consorts n’ont guère marqué les temps d’après, mais on imagine mal que ces chants populaires aient été conçus sans quelque ardeur cachée dans les richesses du style épistolaire de l’époque : « la douleur fait mes délices, et les plaintes sont mes joies » et autres « doux désirs dans ma poitrine » en attestent… Le tout accompagné par un ensemble d’instruments à cordes d’époque certes méritoire mais qui ne nous réveille guère de notre torpeur. Il en résulte un disque que les mélomanes avertis pourront apprécier pour ses raretés. Quant aux autres…
Albéric Lagier 

Airs du XVIIème siècle : Monteverdi, Caccini, Merula, Strozzi, Kapsberger, d'India, Sanz, Vitali, de Macque, Ruiz de Ribaya
Magdalena Kozena (mezzo soprano)
Private Musicke
Direction musicale : Pierre Pitzl
Mise en scène : 1 h 01 min
1 CD Deustche Grammophon (2010)
1 h 02 min

mis en ligne le samedi 12 février 2011

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