Samedi 7 décembre 2019
Jérusalem céleste
Le Quatuor de Jérusalem divin dans les quatuors pairs de Bartók
 
Le même, pas pareil
Quatuor Juilliard, la référence
String Quartets n° 2, 4, 6

Distingué jusque-là par ses enregistrements consacrés au répertoire classique, de Mozart de à Janacek, en passant par les Romantiques allemands, le Quatuor de Jérusalem s’engouffre dans la première moitié du XXe siècle, avec Bartók. Écartant le 1er des six quatuors – trop d’effluves postromantiques (?) –, il saute à pieds joints dans le Second, sombre et tourmenté, dont les cordes musculeuses restituent admirablement l’effusion de larmes sèches du 1er mouvement, comme les danses effarées du mouvement central. D’une intensité suprême, les interprètes obtiennent une variété de couleurs égale à la seconde version du Quatuor Juilliard (1963) – une référence ! Une justesse de ton, un engagement extrême et un rythme exceptionnel à apprécier d’autant plus dans le Quatuor n° 4, où l’alchimie bartokienne atteint son comble. Quant aux atermoiements du 6ème Quatuor, ultime partition composée sur le vieux continent (1939), ni pleurnichards, ni vindicatifs grâce « aux » Jérusalem, qui portent l’ascèse de sa tristesse à un niveau céleste. Vivement les trois autres quatuors, avec de tels interprètes. 
Franck Mallet

Bartók : Quatuors n° 2, 4 et 6
Jerusalem Quartet
1 CD harmonia mundi HMC 902235
1 h 19 min

mis en ligne le samedi 4 février 2017

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