Vendredi 30 octobre 2020
Hédonisme ou chasteté ?
Robin Ticciati, en immersion houleuse dans l’océan straussien
Tod un Verklärung - Don Juan - Sechs Lieder, Op. 68

Pas facile de diriger les poèmes symphoniques de Strauss : trop en faire, c’est ajouter la complexité à la complexité ; n'en faire pas assez, et c’est le risque de rester à la surface. Loin du geste tranchant d'un Fritz Reiner ou un Karl Böhm, toujours indémodables, Robin Ticiatti préfère, lui, fouiller dans ces œuvres piégeuses et mettre en relief les détails pour mieux éclairer le propos. Dans Don Juan, cette interprétation pleine d’intentions ne marche qu’un instant : passée l’effervescence des premières mesures, on perd vite de vue le récit et le chef, hésitant avec les tempos à prendre, semble passer de l'hédonisme à la retenue. La prise de son qui met en valeur presque chaque pupitre de l’orchestre de la radio de Berlin, y est pour quelque chose dans cette sensation d’éparpillement. Le résultat est plus convaincant dans Mort et transfiguration, même si in fine on a plutôt l’impression d’une succession d’épisodes que d’une vraie apothéose. Le plus intéressant du programme, sans doute grâce à la découverte de la jeune interprète, ce sont les six virtuoses lieder op. 68 : à la mesure de la voix haut perchée et expressive de Louise Adler, c’est dans ces miniatures où chef et orchestre réussissent enfin trouver le bon ton straussien. 
Pablo Galonce

Don Juan op. 20 - Six lieder op. 68 - Mort et transfiguration op. 24
Louise Adler (soprano)
Deutsche Symphonie-Orchester Berlin
Direction musicale : Robin Ticciati
1 CD Linn CKD 640 (Outhere)
1 h 8min

mis en ligne le samedi 26 septembre 2020

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