Vendredi 18 octobre 2019
Habits neufs, vieux rituel
Harry Kupfer et Daniel Barenboim en panne de Wagner
Parsifal

Rien ne se démode davantage que ce qui est à la mode. En 1992, Daniel Barenboim prend la direction du Staatsoper de Berlin et impose une nouvelle esthétique avec ce Parsifal monté par Harry Kupfer, qui avait été son partenaire pour une mémorable Tétralogie à Bayreuth. Décor : l’intérieur d’une sorte de base atomique, avec oscillogrammes sur les murs, moniteurs au sol (les Filles-Fleurs) et éclairages au scalpel. L’ennui, c’est que dans cet environnement high-tech, Parsifal est joué comme d’habitude (à l’époque) : lent, figé, solennel. A l’écran, cela donne une messe futuriste dans des catacombes mal éclairés. Ce qu’on entend n’est pas tellement plus exaltant. Waltraud Meier est la plus troublante des Kundry (à ce jour quatre enregistrements audio, trois en vidéo) et Poul Elming est assez touchant en Parsifal, mais leurs partenaires sont quelconques, même Falk Struckmann, glacial en Amfortas et John Tomlinson, Gurnemanz rocailleux. Barenboim, si à l’aise dans La Tétralogie ou Tristan et Isolde, hésite entre grandiloquence et précipitation. En vidéo, Parsifal attend toujours son Vendredi Saint.
François Lafon 

Parsifal
Poul Elming (Parsifal), Waltraud Meier (Kundry), Falk Struckmann (Amfortas), John Tomlinson (Gurnemanz), Günter von Kannen (Klingsor), Fritz Hübner (Titurel)
Choeurs du Deutschen Staatsoper, Staatskapelle Berlin
Direction musicale : Daniel Barenboim
Mise en scène : Harry Kupfer
Réalisation : Hans Hulscher
3 DVD EuroArts 206 673 8
4 h 05 min

mis en ligne le lundi 14 mai 2012

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