Vendredi 18 octobre 2019
Gros plans ravageurs
Une Traviata ordinaire, plus audio que visuelle
La Traviata

Même s’il s'agit pour elle d'un « outil de travail », le destin de Violetta, l’héroïne de La Traviata, ne se résume pas à une histoire de lit. La gigantesque couche, plantée sur la scène de l’Opéra de Paris, n’est donc qu’un instrument métaphorique : au fil des actes, on la voit passer du lit d’alcôve, surmonté de l’Odalisque de Manet, à un meuble prêt à être emporté au mont-de-piété tandis que la courtisane se meurt sur un misérable grabat, toute de blanc vêtue, naturellement, puisqu’elle en train de jouer la rédemption par l’amour. Benoît Jacquot, que l’on a connu nettement plus inspiré, en particulier dans Werther (voir ici), se coule dans une vision traditionnelle de La Traviata, et s’appuie sur une voix qui peut faire croire à cette rédemption, celle de Diana Damrau. Seulement, la vidéo et ses gros plans ont parfois des effets ravageurs : la soprano fait des manières, pose, minaude, « chichite » jusqu’au ridicule sans que la mise en scène puisse y faire quoi que ce soit. A ses côtés, le ténor Francesco Demuro fait ce qu’il peut (pas forcément comme il le veut) et le baryton Ludovic Tézier, ce qu’il veut (car il le peut). L’orchestre suit ou précède, et inversement, avec un chef dont on sent le métier.
Gérard Pangon

La Traviata
Diana Damrau (Violetta), Francesco Demuro (Alfredo), Giorgio Germont (Ludovic Tézier), Anna Pennisi (Flora), Cornelia Oncioiou (Annina), Gaston (Gabriele Mangione), Le baron (Fabio Previati)
Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
Direction musicale : Francesco Ivan Ciampa
Mise en scène : Benoît Jacquot
Réalisation : Louise Narboni et Benoît Jacquot
1 DVD Erato 0825646166503
2 h 25 min

mis en ligne le dimanche 1 novembre 2015

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