Mercredi 20 mars 2019
Grandeur sans grandiloquence
Riccardo Chailly enflamme Leipzig avec Mahler
Mahler 8

Pierre Boulez a observé que si Gustav Mahler n’a pas laissé d'opéra, il a en revanche semé au cœur de la symphonie la mauvaise graine du théâtre. C’est surtout vrai pour la Huitième, la mal-aimée de ses œuvres. Avec ses deux mouvements d’une durée inégale, elle flirte à la fois avec l’oratorio et l’opéra, et reste encore d’une monumentalité très 19ème siècle. Riccardo Chailly attaque l’œuvre sous un angle décidément moderniste. A Amsterdam, tradition locale oblige, il avait enregistré les symphonies de Mahler le plus souvent avec plus de savoir-faire que d’originalité ; à Leipzig, où la tradition tire plutôt vers Bach, Mendelssohn et Schumann, il pourrait bien faire du Gewandhaus l’un des grands orchestres mahlériens. La virtuosité est la marque distinctive de cette interprétation. Le Gewandhaus y apporte cette couleur bien dense qui reste sa patte. Aucune lourdeur pourtant dans le premier mouvement : dès le premier accord, Chailly imprime à son interprétation une énergie et un enthousiasme qui tiennent en haleine, et réussit les transitions entre les moments d’éclat et les instants plus chambristes. Dans le deuxième mouvement Chailly ne renonce pas à souligner quand il le faut le côté plus théâtral, et soutient sans faille ses solistes (d’un niveau assez homogène) mais sans perdre le fil. A L’image de l’interprétation, la réalisation sait à la fois capter les mille et un détails de l’œuvre sans perdre la vision d’ensemble.
Pablo Galonce

Symphonie n°8
Orchestre du Gewandhaus de Leipzig
Direction musicale : Riccardo Chailly
1 DVD Accentus
1 h 32 min

mis en ligne le lundi 23 avril 2012

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