Vendredi 18 octobre 2019
Grande chanteuse et petits ruisseaux
Natalie Dessay pas toujours à l’aise dans l’univers schubertien
Natalie Dessay – Schubert – Philippe Cassard

Depuis qu’elle a quitté les rives de l’opéra, Natalie Dessay navigue d’un répertoire à l’autre, de Poulenc et Fauré (voir ici) à Michel Legrand non sans avoir franchi l’Atlantique (voir ). Elle accoste aujourd’hui du côté de chez Schubert, et c‘est une tout autre histoire : le Viennois préfère les petits ruisseaux aux grandes étendues, les cygnes, les pâtres et le roi des aulnes. Autrement dit, les mélodies d’apparence limpide dont l’interprète doit suggérer les arrière-plans, le vague à l’âme, l’hallucination ou les aspirations. C’est là que le bât blesse un peu : à force d’avoir chanté l’opéra – et si bien –, Natalie Dessay est moins à l’aise dans les atmosphères intérieures que dans les récits à mise en scène. Et elle a beau maîtriser impeccablement l’allemand, elle ne parvient pas toujours à refléter l’univers du Wanderer. Là où le bât blesse nettement plus, c’est dans la difficulté qu’elle rencontre pour donner à ces mélodies la fluidité nécessaire : faute d’un legato bien assuré, elle n’arrive pas toujours à phraser, et c’est d’autant plus sensible dans le dernier lied de ce programme, Der Hirt auf dem Felsen, que Thomas Savy, à la clarinette, possède une rondeur aux nuances magnifiques.
Gérard Pangon

16 lieder dont Erlkönig, Gretchen am Spinnrade, Schwanengesang n°1 et 4, Am Bach im Frühling, Im Frühling, Der Hirt auf dem Felsen
Natalie Dessay (soprano), Philippe Cassard (piano) Thoms Savy (clarinette)
1 CD Sony
1 h 06 min

mis en ligne le dimanche 9 avril 2017

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