Vendredi 18 octobre 2019
Goethe d'hier contre Goethe d'aujourd'hui
Marlis Petersen à contre-emploi
Goethe lieder - Das Ewig-Weibliche

Marlis Petersen est une soprano colorature à la forte personnalité : une voix claire, agile, aux aigus acérés, une diction sans défaut, et une expressivité reconnue. Elle est cependant victime d’un mal fréquent chez les divas : elle pense pouvoir tout chanter. Son « Das Ewig-Weibliche » démontre l’inverse. L’incursion dans le romantisme inspiré par Goethe laisse froid. Et le choix de Goethe, comme ligne directrice, laisse tout aussi songeur - il a été accommodé à tant d’écoles, par des compositeurs contemporains, ou postérieurs mais le plus souvent en posture de pastiche. Evitant les sommets de Schubert (sa Marguerite au rouet est de Wagner...), de Liszt ou de Schumann, elle nous fait découvrir que Wilhelm Kempf est meilleur pianiste que compositeur en habit XIXème siècle, ou que Medtner était plus à l’aise dans la composition pour piano que pour voix. So what ? En revanche, quelle parfaite adéquation entre sa tessiture et un Monolog der Stella (Ernst Krenek) ou l’extrait du Faust II (Bewundert viel und viel gescholten) de Manfred Trojahn, qui semblent avoir été écrits pour elle, d’une plume qui, ces fois-là, est résolument contemporaine. Et comme Jendrik Springer, en accompagnateur, s’en tient au minimum syndical, voilà un CD qui agace et fait regretter qu’il ne nous ne fasse découvrir Marlis Petersen là où elle pourrait exceller. Dans Lulu, par exemple ?
Albéric Lagier

Lieder sur des textes de Goethe par Krenek, Schumann, Braunfels, Liszt, Kempf, Wagner, Sommer, Ives, Diepenbrock, Tchaikovsky, Wolf, Medtner, Mendelssohn, Trojahn.
Marlis Petersen (soprano), Jendrik Springer (piano).
1 CD Harmonia Mundi (2012)
59 min

mis en ligne le dimanche 15 avril 2012

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