Lundi 1 juin 2020
Génération perdue
Le pianiste Andrew von Oeyen survole l’Atlantique
Piano concertos

Fitzgeraldien, le pianiste Andrew von Oeyen, Américain partageant sa vie entre Los Angeles et Paris, et nouvelle « signature » Warner : look Gatsby, si l’on en croit la pochette de ce premier album, jeu évoquant Dick, le héros au bonheur trompeur de Tendre est la nuit. Son programme est à l’avenant : Ravel, qui a écouté Saint-Saëns, a eu pour admirateur Gershwin, et tous trois, de près ou de loin, ont aimé l’Amérique et ses rythmes nouveaux, la soprano Sybil Sanderson, inspiratrice de Saint-Saëns (Phryné), constituant le lien avec Massenet, puisqu’elle a aussi été la créatrice de Thaïs, dont von Oeyen lui-même a transcrit la Méditation du violon au piano. Dire qu’il joue tout cela dans la même veine charmeuse, classique mais pas trop, plus jazzy pour Ravel que pour Saint-Saëns mais moins tout de même que pour Gershwin serait réducteur, mais c’est pourtant une impression de flou stylistique qui domine. Le chef Emmanuel Villaume, Français plus connu aux Etats-Unis que dans son pays natal (il n’est pas le premier), conduit l’orchestre pragois dont il est le directeur musical avec la même élégance débridée, ajoutant à l’atmosphère « génération perdue » de l’ensemble.
François Lafon

Saint-Saëns : Concerto n° 2 pour piano et orchestre – Ravel : Concerto en sol – Gershwin : 2ème Rhapsodie (version originale) – Massenet : Thaïs, Méditation (transcription d’Andrew von Oeyen)
Andrew von Oeyen (piano)
PKF - Prague Philharmonia
Direction musicale : Emmanuel Villaume
1 CD Warner Classics 0190295908485
1 h 06 min

mis en ligne le jeudi 16 février 2017

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