Jeudi 23 mai 2019
Garder la tête froide
Petrenko en champion du jeune Chostakovitch
 
Le même, pas pareil
Leonard Bernstein et le Philharmonique de New York
Un enthousiasme romantique
Symphonies n° 1 et 3

Chostakovitch n’a pas encore vingt ans quand il présente en 1926 sa Première symphonie. C’est son exercice final d’études, mais dans la Russie de l’époque elle fait l’effet d’une bombe. Les musiciens russes disposent encore d’une certaine dose de liberté (Staline n’a pas eu encore le temps de s’occuper de leur cas) et le jeune Dmitri sait s’en servir : tout en correspondant parfaitement au canon académique de la symphonie, la Première se distingue par un ton d’une insolente ironie, surtout dans les deux premiers mouvements. Vassily Petrenko l’a bien compris : il dirige avec une exactitude analytique, rien ne lui échappe mais, en même temps, il ne perd pas ce ton mordant et caustique. La surprise de ce disque, qui comme les autres déjà parus de cette intégrale Naxos confirme bien que le meilleur Chostakovitch se fait aujourd’hui à Liverpool, est la Troisième symphonie. Avec son chœur final qui chante « chaque Premier Mai sera un nouveau pas vers le Socialisme », elle est l’une des ces œuvres que même les plus fervents partisans du compositeur ont parfois du mal à défendre. Vassili Petrenko y met la même énergie que dans la Première, n’oublie pas un détail et fait ressortir l’originalité comme personne ne l’avait fait avant lui. En l’écoutant dans cette interprétation limpide, d’une précision froidement objective, la Troisième se révèle être bien plus qu’une simple page de propagande.
Pablo Galonce

Symphonie n° 1 - Symphonie n° 3
Royal Liverpool Philharmonic Choir and Orchestra
Direction musicale : Vasily Petrenko
1 CD Naxos 8.572396
1 h 4 min

mis en ligne le jeudi 25 août 2011

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.