Mardi 15 octobre 2019
Fragiles alliages
Pablo Heras-Casado passe à côté des charmes mendelssohniens
Symphonies n°3 \"Ecossaise\" et 4 \"Italienne\"

Dans la « Chant de louanges » (2ème Symphonie), Pablo Heras-Casado bousculait avec un certain profit l’aimable Mendelssohn et le somptueux Orchestre de la Radio Bavaroise (voir ici). Mais que faire des « Ecossaise » et « Italienne » (3ème et 4ème Symphonies), sinon les laisser s’épanouir dans leur non moins aimable perfection, ce qui n’empêche pas de les traiter de façon « historiquement informée » ? Cette fois avec le Freiburger Barockorchester, qu’il a conduit jusqu’à Schumann avec un bonheur mitigé (voir ici), le chef continue à booster les tempos et à distribuer à sa manière les alliages orchestraux. Mais cela ne suffit pas à restituer les couleurs de l’Ecosse (certes revue par Walter Scott) et les charmes de l’Italie (selon le terme de Mendelssohn lui-même), ou tout au moins à en retrouver l’évidence. L’ « Italienne » caracole sans élan (écoutez pour cela Claudio Abbado), l’ « Ecossaise » foisonne mais ne s’épanouit pas vraiment (voir à cet effet Bernstein ou Harnoncourt). Question d’excessive maigreur sonore du Freiburger, peut-être, mais aussi de sens de l’architecture propre à ces chefs-d’œuvre. Jolie performance pourtant des instrumentistes dans les mouvements finaux, pris à fond de train.
François Lafon

Symphonies n°3 Ecossaise et n°4 Italienne
Freiburger Barockorchester
Direction musicale : Pablo Heras-Casado
1 CD Harmonia Mundi HMC 902 228

mis en ligne le samedi 26 mars 2016

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