Samedi 15 juin 2019
Foules, héros et envolées
Un opéra de Spontini heureusement sorti des oubliettes
Olimpie

Après avoir donné sous l’Empire La Vestale (1807) et Fernand Cortez (1809), Gaspare Spontini entreprend sous la Restauration un troisième grand opéra français : Olimpie. Il y songe dès 1815. Michel Dieulafoi et Charles Brifaut lui rédigent un livret en trois actes d’après une tragédie de Voltaire, et l’œuvre est créée dans une première version à Paris le 22 décembre 1819, juste avant l’installation du compositeur à Berlin où sera créée en 1821 une deuxième version : livret adapté en allemand par E. T. A. Hoffmann. Une troisième version (livret de Hoffmann réadapté en français) est entendue à Paris en 1826. L'action se passe quinze ans après l’assassinat d’Alexandre le Grand. Antigone a usurpé son trône, et Olimpie, fille du défunt, aime Cassandre, qui jadis l’a sauvée. Mais Cassandre est soupçonné à tort par la veuve d'Alexabdre, Statira (elle apparaît d’abord sous des habits de prêtresse) du meurtre du souverain (historiquement, il n’a jamais eu lieu). La version voltairienne de 1819 se termine mal, par un double suicide, et la musique de Spontini pour son troisième acte est perdue. Les versions de 1821 et de 1826 se terminent bien : Antigone est démasqué, Olimpie épouse Cassandre et Statira, personnage central de l’intrigue, remonte sur le trône. C’est la seconde fois qu’Olimpie est enregistré (dans sa version française de 1826). Existe depuis une trentaine d’années un enregistrement berlinois avec Dietrich Fischer-Dieskau en Antigone. Celui-ci, réalisé en 2016 sous les auspices du Palazetto Bru Zane (dans sa série opéra français), s’y ajoute avec un dramatisme accru. On a ici tous les ingrédients du grand opéra : scènes de foule, accents héroïques ou tragiques, ensembles puissants, envolées lyriques.  C’est rare, pourquoi ne pas sauter sur l’occasion ?
Marc Vignal

Olimpie
Karina Gauvin  (Olimpie), Kate Aldrich (Statira), Mathias Vidal (Cassandre), Josef Wagner (Antigone), Patrick Bolleire (L’Hérophante, Un prêtre), Philippe Sauvagie (Hermas)
Chœur de la Radio flamande, Le Cercle de l’Harmonie
Direction musicale : Jérémie Rhorer
2 CD en livre-disque Palazetto Bru- Zane
2 h 15 min

mis en ligne le mercredi 1 mai 2019

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