Mercredi 16 octobre 2019
Florestan plutôt qu’Eusébius
Andreas Staier sans émoi
Variationen & Fantasiestücke

Les compositeurs du début du XIXème siècle rêvaient d’un piano moderne, tant les instruments de l’époque peinaient à traduire les profondeurs de leur spleen. Les interprètes d’aujourd’hui tentent de les contredire à titre posthume et parfois y parviennent (c’est ici). Familier de Schumann, Andreas Staier renouvelle l’essai, mais se heurte aux limites d’un Pleyel de 1837, année de composition des Fantasiestücke opus 12 – l’année de naissance de l’un ne suffit donc pas à rendre justice aux frémissements amoureux des autres. Dans les Troubles Songes et autres Fantaisies de cet opus, inspiré des gravures de Jacques Callot, les brumes sont là, avec leurs harmoniques riches et floutées, mais sans les visions crépusculaires ni les sentiments troubles de Schumann, son insécurité face aux émois amoureux. Celles de l’opus 111, composées en cette année 1851 pleine de trouble pour Clara, qui en appréciait le caractère grave et passionné, paraissent ici graves mais sans grande passion. A ce régime, les Variations Abegg, première œuvre publiée par Robert Schumann, deviennent certes sans égales, d’une grande élégance, très « cérébrales », mais est-ce bien ce que cherchait Schumann ? La pochette, sur laquelle le compositeur tourne le dos à l'interprète, semble dire non.
Albéric Lagier

Variations Abegg Op. 1, Fantasiestücke Op.2 et 111, Variations en Mi bémol majeur
Andreas Staier (piano)
1 CD Harmonia mundi
1 h

mis en ligne le samedi 27 décembre 2014

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