Mardi 15 octobre 2019
Fedora : une diva, sinon rien
Angela Gheorghiu en panne de vérisme
Fedora

Comme Tosca, Fedora est tiré d’une pièce de Victorien Sardou écrite sur mesure pour Sarah Bernhardt. Mais le scénario est moins efficace et la musique n’est pas de Puccini. Cette princesse russe qui tombe dans les bras de l’assassin de son fiancé et s’empoisonne parce qu’elle a dénoncé la famille de ce dernier à la police tsariste a pourtant tenté les divas, de Magda Olivero à Renata Scotto, et séduit les ténors, de Caruso à Placido Domingo. Au théâtre, cet opéra d’atmosphère, surfant sur la mode russe du tournant du XXème siècle, fonctionne, pour peu que l’on aime le théâtre en musique autant que les grands élans lyriques. Sur disque, la rareté des élans en question devient frustrante, en particulier pour les fans d’Andrea Chénier, l’opéra plus célèbre et 100% « main sur le cœur » d'Umberto Giordano. Forte de son tempérament affirmé et des reflets callassiens de son timbre, Angela Gheorghiu joue les divas avec conviction. Mais elle a la voix fatiguée, et elle manque d’ampleur dramatique. Placido Domingo (soixante-huit ans au moment de l’enregistrement), lui donnerait presque des leçons de juvénilité. Les comparses sont moyens et le chef est inexistant. Si vous voulez découvrir Fedora, investissez plutôt dans le DVD capté live à la Scala, avec Mirella Freni et, déjà, Placido Domingo, sous la baguette experte de Gianandrea Gavazzeni.
François Lafon

Fedora
Angela Gheorghiu (Fedora), Placido Domingo (Loris), Nino Machaidze (Olga)
Orchestre Symphonique et Choeurs de la Monnaie de Bruxelles
Direction musicale : Alberto Veronesi
2 CD Deutsche Grammophon 477 8367
1 h 36 min

mis en ligne le mercredi 2 mars 2011

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