Vendredi 18 octobre 2019
Fausses jumelles
Du danger de coupler deux oeuvres aux charmes parallèles
Sérénades

Couplage tout trouvé que celui des Sérénade pour orchestre à cordes de Dvorak et Tchaikovski. Outre leur contemporanéité (1875 – 1880), la similitude de leur instrumentarium et la volonté des deux compositeurs de plaire à un large public, les deux œuvres jonglent avec les références à la sérénade classique. Mais il faut croire que le Tchèque et le Russe n’entendaient pas Mozart de la même façon, ou tout au moins que le premier se sentait plus libre que le second vis-à-vis des grands modèles. D’où, lorsqu’un même ensemble s’attaque aux deux, le danger de les traiter de la même manière, si ce n’est – péril plus grand encore – de « tchaikovskiser » Dvorak, c’est-à-dire de gommer la richesse de l’écriture au profit du confort de l’écoute. C’est un peu ce que fait Luigi Piovano avec les cordes de l’Orchestre de l’Académie Sainte Cécile de Rome, dont il est le premier violoncelle solo. Mais c’est davantage la qualité moyenne des cordes de cette formation dont Myung-Whun Chung puis Antonio Pappano ont pourtant relevé le niveau qui empêche ces interprétations de pouvoir rivaliser avec celles – nombreuses – enregistrées par les plus grandes formations.
François Lafon

Dvorak : Sérénade pour cordes en mi majeur op. 22 - Tchaikovski : Sérénade pour cordes en ut majeur op. 48
Archi dell'Accademia di Santa Cecilia
Direction musicale : Luigi Piovano
1 CD Eloquentia EL 1550
55 min

mis en ligne le dimanche 7 août 2016

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