Samedi 14 décembre 2019
Fatales ballades
Premier récital de Konstantin Krimmel, liedersänger né
Saga

Un physique à chanter Pimène dans Boris Godounov ou Sarastro de La Flûte enchantée, mais une lumineuse voix de baryton : un paradoxe qui ajoute au charisme du jeune Konstantin Krimmel (vingt-six ans), lequel a choisi pour ce premier récital discographique (d’autres sont prévus chez Alpha) de « raconter une histoire » à travers la ballade, grande forme du lied qu’il qualifie d’ « opéras en quelques minutes, de mini-sagas laissant une grande liberté d’interprétation ». Pour cela, il possède l’essentiel pour un liedersänger : le don de faire vivre les mots et d’évoquer des images à travers la musique. Il fait précéder Schubert et Schumann de Carl Loewe, roi de la ballade souvent qualifié de frère en art de Schubert, et d’Adolf Jensen, wagnérien militant tentant de faire entrer les idées de son idole dans des formes réduites. C’est tout un monde de « divinités nordiques, d’existences perdues et de damnation éternelle » qui est ici évoqué, où Goethe (Le Roi des Aulnes) et Heine (Les Deux Grenadiers) tiennent le haut du pavé, mais aussi les moins connus Collin (Le Nain) et Fontane (Tom le poète), de même que Loewe et même Jensen tiennent leur place face à leurs écrasants confrères. Au piano, Doriana Tchakarova, fait mieux qu’accompagner le chanteur. 
François Lafon 

Lieder et ballades de Carl Loewe, Adolf Jensen, Franz Schubert et Robert Schumann
Konstantin Krimmel (baryton), Doriana Tchakarova (piano)
1 CD Alpha- Classics Alpha 549
1 h 03 min

mis en ligne le mardi 12 novembre 2019

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