Mercredi 24 octobre 2018
Explosions et révolutions
Andris Nelsons réussit les deux faces de Chostakovitch
Symphonies 4 & 11"The Year 1905"

Après des Bruckner pas très heureux avec le Gewandhaus (voir ici), Andris Nelsons revient avec Boston, son autre orchestre, à un compositeur qui lui réussit nettement mieux. Programme à double face : si la Quatrième est la plus « avancée » et la moins russe de Chostakovitch, la Onzième, évocation épique des événements révolutionnaires de 1905, montre le côté plus attaché à la tradition symphonique nationale du compositeur. Nelsons ne néglige rien dans la très dense Quatrième : depuis les écrasants déferlements apocalyptiques du premier mouvement jusqu’à la désolation infinie des dernières mesures, il construit avec une précision glaçante cette catastrophe de dimensions cosmiques avec un Symphonique de Boston à la hauteur de sa légende. D’une intensité suffocante, cette interprétation met aussi bien en valeur les passages les plus mahlériens (le début du troisième mouvement) comme les moments les plus grotesques. Après cette plongée dans le néant, l’illustrative Onzième symphonie peut paraître un peu plus conventionnelle, mais Nelsons est tout aussi inspiré et assume pleinement la dimension cinématographique de l’œuvre : on y entend parfaitement le bruit des bottes écrasant la foule sur les marches du Palais d’Hiver. 
Pablo Galonce

Symphonie n° 4 en ut mineur op. 43 ; Symphonie n° 11 en sol mineur op. 103 "L"année 1905"
Boston Symphony Orchestra
Direction musicale : Andris Nelsons
2 CD Deutsche Grammophon 483 5220 3
2 h 07 min

mis en ligne le mardi 2 octobre 2018

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