Vendredi 18 octobre 2019
Enfoncez-vous bien Bach dans la tête
Zuill Bailey joue les suites pour violoncelle à fond la caisse
Suites pour violoncelle

Dans le texte qui accompagne cet album, Zuill Bailey, comme beaucoup d'autres avant lui, est présenté comme « l'un des plus importants violoncellistes de sa génération. » Soit. Il s'attaque quand même ici à forte partie, à un monument, même, selon la plupart des violoncellistes qui tournent longtemps autour des Suites de Bach avant de se lancer. Mais Bailey, manifestement, n'a pas froid aux yeux. On le découvre dès l'attaque du célèbre Prélude de la Première suite où il déchaîne un son d'enfer, soutenu par une prise de son réverbérante qui en accentue l'ampleur. Puis il continue sur le même mode avec la préoccupation constante d'en mettre plein les oreilles, comme ces pubs et ces clips qui s'efforcent de vous happer à la première seconde et n'hésitent pas à forcer le trait pour être sûrs de ne plus vous lâcher. Zuill Bailey peut ainsi jouer Bach à la télé, le spectateur le plus distrait s'arrête immédiatement de penser à autre chose, c'est sûr. Seulement, question nuances, ça ne va pas loin. Avec son bras de costaud, il pèse sur son archet, malmène son violoncelle, semble incapable de faire autre chose qu'un legato perpétuel et remplace le phrasé par un torrent continu et parfois sirupeux. Les Suites de Bach n'ont alors plus de rythme, plus d'envolées, plus rien de poétique et encore moins de céleste. Est-ce l'époque qui veut ça ?
Gérard Pangon

Zuill Bailey (violoncelle)
2 CD Telarc 31978-02
2 h 20 min

mis en ligne le jeudi 10 juin 2010

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