Lundi 9 décembre 2019
Elixir poétique
Le romantisme de Chopin entre exaltation et mystère
Jean-Paul Gasparian – Chopin

Etrange impression : le visage de Jean-Paul Gasparian aux yeux mi-clos qui figure en couverture de cet album fait penser au célèbre masque mortuaire de Frédéric Chopin sculpté par Auguste Schlésinger. Rassurez-vous : Jean-Paul Gasparian est vivant, bien vivant, tout comme son Chopin. Dominant avec une grande aisance toutes les difficultés techniques, il aborde les ballades avec véhémence, appuie les contrastes, fait sonner et résonner son piano pour emplir tout l’espace. Parfois, dans les passages les plus brillants, ces récits poétiques frôlent le démonstratif, alors que dans ces mêmes Ballades Krysztian Zimerman n'y succombe jamais, mais lorsque dominent la tristesse ou la nostalgie, Jean-Paul Gasparian se fait plus feutré, plus délicat, sans jamais tomber dans la mièvrerie avec une réverbération ou un rubato de trop. Si les deux Polonaises de ce programme confirment le goût du pianiste pour l‘exaltation et les envolées, le Nocturne opus 48 n°1 qui succède aux quatre Ballades révèle, lui, qu’il sait aussi chuchoter des accords énigmatiques, distiller de manière presque secrète les états d’âme d’un Chopin aux sommets du romantisme. 
Gérard Pangon

Ballades n°1, 2, 3 et 4 ; Nocturnes op.48 n°1 et op.27 n°2 ; Valse mi mineur op. posthume ; Grande valse brillante op.34 n°3 ; Polonaise Héroïque op.53 ; Polonaise-Fantaisie op.61
Jean-Paul Gasparian (piano)
1 CD Evidence EVCD059
1 h 14 min

mis en ligne le dimanche 19 mai 2019

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