Mercredi 16 octobre 2019
Electron libre
Lorin Maazel tel qu’en lui-même avec du Verdi pour testament
Messa da Requiem

Le Requiem de Verdi avec le Philharmonique de Munich qui aura été son dernier orchestre : Lorin Maazel n’aurait pu trouver mieux pour clore sa pléthorique discographie. Plus encore que dans ses précédents live de l’œuvre (Paris, 1960 - Venise 2007), on l’y retrouve tel qu’en lui-même : baguette infaillible, sens du spectacle, mais aussi une certaine distance, une certaine tendance au maniérisme. Difficile de saisir, une fois admirées la transparence de l’orchestre et la ductilité du chœur – le tout servi par une très fine prise de son – si ses lenteurs, ses flambées, voire ses embardées répondent à une quelconque vision de l’ouvrage, ou si l’hédonisme est sa seule préoccupation, laissant à l’auditeur le soin de décider si ce Requiem est ou non un opéra de la mort, et s’il est même pertinent de se poser une telle question. Ce ne sont pas ses solistes qui donneront la réponse : déroutant alliage que celui formé par l’impeccable mais froide Anja Harteros et la plus sentimentale Daniela Barcellona, par le débordant Wookyung Kim et le stylé Georg Zeppenfeld, tous tenus et soutenus par la main de fer et la baguette de velours du maestro, mais chantant chacun pour soi, chacun sur sa planète. Discographie inchangée donc, Maazel restant l’électron libre, frustrant et fascinant, qu’il a toujours été.
François Lafon

Messa da Requiem
Anja Harteros (soprano), Daniela Barcellona (mezzo-soprano), Wookyung Kim (tenor), Georg Zeppenfeld (basse)
Choeur et Orchestre Philharmonique de Munich
Direction musicale : Lorin Maazel
2 CD Sony 88875083302
1 h 32 min

mis en ligne le dimanche 3 mai 2015

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.