Vendredi 18 octobre 2019
Du swing à Saragosse
Granados et Villa Lobos sous les doigts de Jorge Luis Prats
Live in Zaragoza

1er prix du concours Long Thibaud en 1977, Jorge Luis Prats est un pianiste cubain confirmé et méconnu. Un Cubain libre, si on en juge par ses Goyescas, interprétées en omettant rien moins que l’épilogue, car, dit-il, il « n’ajoute pas grand-chose à tout ce qui s’est passé auparavant » ! En revanche, El Pelele, qui ne faisait pas partie du cycle initial, y est intégré. Un Cubain révolutionnaire aussi, car ses Goyescas évoquent plus le cycle des peintures noires de Goya que ses cartons, si galants, ces majos enamorados, "les jeunes gens amoureux", dont Granados s’est inspiré, sans en illustrer aucun en particulier. On est loin des atmosphères subtiles des trois enregistrements d’Alicia de Larrocha dont celui de 1977, qui laisse sous le charme par un jeu d’une élégance et d’un raffinement extrêmes. Le piano « jazzy » de Prats bouscule et donne une vision de ces pièces à la fois sombre et comme consumée par le rythme. Si Granados considérait que les Goyescas forment une œuvre « pour toujours…de cela j’en suis convaincu », tel n’est pas le cas, malgré le respect dû à ces représentants de l’école cubaine du XXème siècle, des aimables danses d’Ignacio Cervantès, de Carlos Farinas et d’Ernesto Lecuona. Après la poétique interprétation de la quatrième des Bachianas Brasileiras (Villa-Lobos), ces pièces concluent fadement un disque qui s’ouvrait sur des promesses autrement décoiffantes.
Albéric Lagier

Granados : Goyescas - Villa-Lobos : Bachianas brasileiras no. 4 - Farinas : Alta Gracia - Cervantes : Danzas cubanas - Lecuona : Malagueña
Jorge Luis Prats (piano)
1 CD Decca
1 h 22 min

mis en ligne le jeudi 22 septembre 2011

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