Lundi 23 novembre 2020
Douloureux et légendaire
Un Stabat Mater de Pergolèse aux accents poignants
Pergolesi - Stabat Mater

Par-delà son immense prestige, le Stabat Mater de Pergolèse n’est pas la seule œuvre sacrée du compositeur, ni l’unique fleuron de l’école napolitaine de chant du début du XVIIIème siècle. Le manuscrit de cette production ultime fut légué par Pergolèse lui-même, quelques jours avant sa mort prématurée, à son vieux maître, ce qui contribua à la légende. Ecrit pour soprano, contralto, deux violons, alto et basse, ce « divin poème de la douleur » (Bellini) atteint une émotion rare, avec dans le premier de ses douze volets de douloureux frottements de seconde majeure. A la soprano s’ajoute et s’oppose ici une voix de contreténor. L’interprétation est d’une belle ampleur, avec aux instruments des accents bien rendus. La longue carrière de Nicolo Porpora (1686-1768), grand professeur de chant, le mena notamment à Vienne, où au milieu des années 1750 le jeune Haydn lui servit d’homme à tout faire. Son Salve Regina en six parties « pour voix seule avec instruments » fut probablement composée à Venise  vers 1730. Leonardo Leo (1694-1744) ne quitta quant à lui pratiquement jamais Naples. Son Beatus Vir en sept parties est court mais intense. L’école napolitaine issue d’Alessandro Scarlatti en est à ses débuts, elle prospérera longtemps.
Marc Vignal
 

Giovanni Battista Pergolesi : Stabat Mater - Nicolo Porpora : Salve Regina - Leonardo Leo : Beatus Vir
Sandrine Piau (soprano), Christopher Lowrey (contreténor)
Les Talens lyriques
Direction musicale : Christophe Rousset
1 CD Alpha-Classics Alpha 449
1 h 07 min

mis en ligne le jeudi 23 avril 2020

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.