Mardi 15 octobre 2019
Double dérapage
Daniel Harding donne Rameau pour père à Berlioz. Délicate filiation
Symphonie fantastique

Double singularité : comme ses prédécesseurs au poste de directeur musical de l’Orchestre de Paris, Daniel Harding enregistre la Symphonie fantastique. Mais à la différence de ceux-ci, il le fait avec un autre orchestre, celui de la Radio suédoise, dont il est le chef principal depuis 2007. Plus singulier encore : alors que lesdits prédécesseurs ont peu ou prou rattaché l’œuvre à une hypothétique postérité romantique, il se réfère, lui, à son ascendance française, à savoir Rameau, dont il donne, en guise de prélude, la suite d’orchestre d’Hippolyte et Aricie. Une attitude historiquement plus informée que la précédente, mais dont on cherche les bienfaits dans son interprétation. Coulé dans le stuc, son Rameau remonte à l’époque où l’on n’était justement pas historiquement informé et où l’on considérait cette musique comme froide et décorative. Cela n’empêche pas sa Fantastique de n’être ni post-classique ni pré-moderne, mais seulement lourde et déstructurée, plombée d’intentions surlignées, de ralentissements intempestifs, d’effets gratuits. L’Orchestre de Paris, dont Berlioz (mais pas Rameau) est la langue natale, aurait-il évité un tel dérapage ?
François Lafon

Rameau : Hippolyte et Aricie, suite d'orchestre - Berlioz : Symphonie fantastique
Orchestre Symphonique de la Radio Suédoise
Direction musicale : Daniel Harding
1 CD Harmonia Mundi HMC 902 244
1 h 11 min

mis en ligne le jeudi 8 septembre 2016

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