Lundi 27 mai 2019
Deux sonates de Mozart revisitées à neuf
Aldo Ciccolini : la maturité d’un pianiste
mozart_alla turca

Qu’est-ce que la maturité ? Sans doute une étape qui recueille le fruit et les leçons de toute une vie de travail et d’expérience, de découverte et d’invention. En ce sens, le dernier enregistrement que nous livre Aldo Ciccolini relève de la maturité : y éclate la virtuosité d’un pianiste qui, parce qu’il n’a plus rien à prouver, ne succombe jamais à la tentation de l’esbroufe. Sa compréhension des œuvres qu’il joue est prégnante de sa longue expérience et même des enregistrements passés (il a déjà enregistré toutes les sonates de Mozart). Et pourtant, il n’y a rien de réchauffé ni de convenu dans son interprétation ; on reconnaît son jeu, notamment sa manière très posée d’ouvrir chaque œuvre, mais il invente du neuf à partir de l’ancien. Il s’amuse avec les espiègleries de Mozart, se prête aux différents registres des sonates qu’il joue, passant de manière fluide de la légèreté enfantine (presque puérile) à la gravité. On l’appréciera particulièrement dans les variations de la sonate n° 11 qu’il donne magistralement comme un chef fait dialoguer les différentes voix de son orchestre. Pendant longtemps, Ciccolini jouait beaucoup sur des pianos Fazioli. Ici le Bechstein qu’il joue signe sa maturité : il ne perd rien de la clarté italienne mais l’enrichit de la sonorité romantique allemande, un heureux mélange qui va plutôt bien avec l’esprit du génie mozartien.
Katchi Sinna

Sonates n° 11 (K 331), n° 2 (K 280), n° 13 (K 333)
Aldo Ciccolini (piano)
1 CD La Dolce Volta (LDV 3)
53 min

mis en ligne le jeudi 27 octobre 2011

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