Lundi 14 octobre 2019
Des Suites sans les idées
Richard Egarr parvient à ennuyer dans les Suites anglaises de Bach
The English Suites

Les suites anglaises de Bach n’ont rien d’anglais, sinon la nationalité de leurs destinataires si l'on en croit  Johann-Christian Bach, lui-même surnommé parfois le Bach de Londres mais aussi le Bach de Milan, à qui l'on doit la dénomination marchande. Elles sont pourtant de forme française, avec des teintes italianisantes. Elles sont surtout d’un style unique c’est-à-dire un mélange concocté sur plusieurs années, sans doute à Köthen, par un Jean-Sébastien Bach particulièrement inspiré dans la complexité des structures, les richesses harmoniques et des lignes tonales ébouriffantes. Il faut un peu de folie pour leur rendre hommage, de l’audace, et un sens aigu de la danse. C’est à peu près tout ce qui manque à Richard Egarr. Certes, l’exécution est techniquement sans reproche, le son est beau, la prise de son soignée. Mais quel ennui ! Ornementations d’un style galant, absence de dissonances, basses bien sages, manque d’esprit dans les danses, tous ces défauts sont omniprésents et concentrés dans la 5ème de ces Suites – un sommet de l’art du clavier chez Bach. Restent alors les bons vieux classiques – Huguette Dreyfus, Gustav Leonhardt – ou plus proche de nous, Christophe Rousset.
Albéric Lagier

Six suites avec leurs préludes pour le Clavecin, dites Suites anglaises, BWV 806 à 811
Richard Egarr (clavecin)
2 CD Harmonia Mundi HMU 907 591
2 h 21 min

mis en ligne le mercredi 17 juillet 2013

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