Lundi 14 octobre 2019
Des Partitas sans coeur
Ashkenazy oublie le plaisir de jouer Bach
Six partitas pour clavier BWV 825-830

Si l'austère Art de la fugue vous effraie, si les Variations Goldberg vous restent impénétrables, les six Partitas sont un terrain moins aride pour connaître la musique pour clavier de Jean-Sébastien Bach. Ce recueil (1726) constitue un peu son « art de la suite » : six suites avec les mouvements de danse habituels (allemande, courante, sarabande, gigue) plus quelques « galanteries », comme on disait à l'époque, des danses à la mode pour donner un peu de piquant à l'ensemble. Difficile de faire plus varié, plus riche, plus chantant, que ces six pages. Vladimir Ashkenazy, qui avait surpris il y a quelques années avec un Clavier bien tempéré frais et inspiré, s'est ainsi laissé tenté. On attendait donc beaucoup de ces Partitas. Déception : le pianiste liquide en rafale les six oeuvres d'un seul trait, sans s'arrêter un seul instant pour prendre du plaisir à gouter les mélodies ou à phraser une cadence. C'est un Bach en deux dimensions, sans profondeur, rapide mais aussi expéditif, avec une main gauche assez raide et des ornements un peu mécaniques à la droite. Ajoutez une sonorité assez opaque, et tout le charme des oeuvres s'est volatilisé.
Pablo Galonce  

Six partitas pour clavier BWV 825-830
Vladimir Ashkenazy (piano)
2 CD Decca 478 2163
2 h 12 min

mis en ligne le lundi 23 août 2010

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