Vendredi 18 octobre 2019
Des pages spirituelles sans ferveur
Alessandrini loupe son Bononcini
Bononcini - Messa, Stabat Mater

Bononcini est plus connu pour ses opéras (dont Xerxse, où figure la première version d' Ombra mai fu, que son grand rival, Haendel, s'est appropriée) que pour ses œuvres religieuses. Avec une première mondiale (une Messe en sol mineur) et le Stabat Mater en do mineur, Rinaldo Alessandrini et le Concerto italiano annoncent un programme attrayant. Mais de ces belles partitions, aux contrepoints subtils et aux riches mélodies, que tirent-ils ? Une représentation pointilliste et sèche, sans ferveur ni fluidité. Tempi sans faille et souvent étonnamment rapides, pizzicati à l’excès, dissonances polies, des chanteurs qui chantent sans guère concerter… Comme il s’agit d’une capatation « live », on se dit que tout ça va bien finir par chauffer, s’humaniser. Mais la Messe passe, et le Stabat Mater, cette déploraison quasi-charnelle de la Vierge au pied de la croix, à ce traitement, trépasse. Une technique (presque) irréprochable, mais sans âme aucune (au hasard : le Fac, tu portem se transforme en air de bravoure vraiment hors sujet). Déception.
Albéric Lagier.

Bononcini : Messa a cinque concertata in sol minore; Stabat Mater a quatro in do minore
Sara Mingardo (contralto), Raffaella Milanesi (soprano), Silvia Frigato (soprano), Salvo Vitale (basse)
Concerto italiano
Direction musicale : Rinaldo Alessandrini
1 CD Naïve OP30537
1 h 20 min

mis en ligne le mercredi 10 octobre 2012

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