Vendredi 18 octobre 2019
Des images sans imagination
Alice Sara Ott oublie en route la poésie de Moussorgski et de Schubert
Pictures

Inspirés par les toiles et dessins de Victor Hartmann, un ami de Moussorgski mort un an avant que le compositeur écrive ces pièces pour piano, les Tableaux d’une exposition font partie de ces œuvres ouvertes à toutes les interprétations : si un dessinateur, aussi médiocre soit-il, peut crayonner le Ballet des poussins dans leurs coques ou La Cabane sur des pattes de poules, un pianiste, aussi génial soit-il, sera bien incapable de les faire entendre. Il lui faut donc puiser dans son imaginaire, proposer à l’auditeur des chemins oniriques et poétiques capables de l’emmener dans un autre univers. Alice Sara Ott n’est malheureusement pas de ceux-là, elle est moins lyrique que mécanique, elle articule impeccablement chaque phrase mais se contente de jouer les notes. Cette approche devient carrément catastrophique dans la Sonate D 850 de Schubert qui accompagne ces Tableaux de Moussorski : elle la joue sans nuance, sans ces legatos qui font les grandes interprétations, sans ces mystérieuses sonorités de Schubert qui plongent l’auditeur dans une infinie mélancolie. A voir dans le livret l’évolution des pochettes d’Alice Sara Ott, on a l’impression que sa carrière se construit sur l’image, autant si ce n'est plus que sur la musique.
Gérard Pangon

Moussorgski : Tableaux d’une exposition – Schubert : Sonate op.53 D 850
Alice Sara Ott (piano)
1 CD Deutsche Grammophon 479 0088
1 h 12 min

mis en ligne le mercredi 6 mars 2013

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