Lundi 14 octobre 2019
Des Danses slaves un peu trop sages
Ivan Fischer ne met pas Dvorak à la fête
Danses slaves

« Brillantes, pleines d’effet, variées » : Dvorak a si bien rempli le cahier des charges de son éditeur qui lui a commandé des Danses slaves sur le modèle des Danses hongroises de Brahms, que les deux volumes (1878 et 1886) sont devenus des tubes à l’instant même de la publication. Ivan Fischer remplit le sien un peu moins bien que dans sa récente Septième symphonie du même Dvorak, pleine de fougue. Repris aujourd’hui par sa nouvelle maison de disques, l’enregistrement date des années Philips du chef hongrois qui a depuis bien fait progresser son Orchestre du Festival de Budapest. Pour un chef qui sait parfois si bien prendre des risques et « chauffer » ses musiciens,le résultat est d’une étonnante sagesse : le tempo est dans la juste moyenne (la première danse surprend même par sa lenteur), les accents un peu lourds, le rubato à peine insinué. Parfois l’étincelle s’allume et Fischer réussit à nous entraîner dans la danse (la n° 7 du premier volume, par exemple) mais l’ensemble laisse plutôt l’impression d’un devoir bien accompli que d’un vrai moment de fête. Kubelik le lyrique (chez DG) et Szell le cinglant (chez Sony) savaient, eux, s’amuser et donner l’impression de se laisser aller… sans jamais perdre vraiment le contrôle.
Pablo Galonce

Danses slaves op. 46 et op. 72
Orchestre du Festival de Budapest
Direction musicale : Ivan Fischer
1 SACD Channel Classics CCS SA 90210
1 h 10

mis en ligne le vendredi 3 septembre 2010

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