Lundi 14 octobre 2019
Démesure et monotonie
Raphaël Cendo et son goût du superlatif
Furia

Né en 1975, issu du CNSM de Paris et de l’IRCAM, le compositeur Raphaël Cendo a étudié avec Brian Ferneyhough : une des raisons pour lesquelles, sans doute, sa musique « frôle les limites », cultive « la saturation et l’excès ». C’est à trop grands renforts de superlatifs et de comparaisons osées (Hercule triomphant de l’hydre de Lerne) que sous la dénomination globale de Furia, elle nous est présentée. Sa capacité principale serait de « désorienter », sous le signe de l’anticipation et de l’imprévu. On l’admet au premier contact, moins à la longue. On a effectivement peine à se rendre compte que les deux mouvements de Furia (2009-2010) ne font appel qu’au piano et au violoncelle, et que les trois formant In Vivo (2008-2010) sont écrits pour quatuor à cordes. Mais les sonorités de ces pièces et celles de Charge pour sept instruments et électronique (2009), entendu en début de programme, sont très apparentées : s’agit-il d’un bonus voulu par l’auteur, ou plutôt d’un malus générateur d’une certaine monotonie ? Les deux autres oeuvres font appel à un tubax, nouveau modèle de saxophone contrebasse mis au point en 1999 par un facteur allemand : Décombres pour ce nouveau-né et électronique (2008), d’une « énergie démesurée », et Tracts pour huit instruments (2007), où il est de nouveau question de démesure. D’un bout à l’autre de ce CD, on baigne décidément dans le même environnement, terme utilisé ici faute de pouvoir parler d’univers.
Marc Vignal

Charge, Furia, Décombres, In Vivo, Tracts
Ensemble Cairn
Direction musicale : Guillaume Bourgogne
1 CD Æon AECD 1224
1 h 06 min

mis en ligne le vendredi 27 janvier 2012

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