Mardi 15 octobre 2019
Défense et illustration des castrats
Un disque très pro
Sacrificium

Quand elle chante Vivaldi, il y a quelques années déjà, la Bartoli sait que sa virtuosité fait merveille et elle en joue avec talent. Comme ça plaît et qu'elle est généreuse, elle se donne plus encore et, pour corser un peu ses performances, se met à flirter avec le côté obscur de la force comme on dit dans Star Wars : elle enregistre du Salieri, ce vilain qui a fait du mal à Mozart, puis les Opera proibita, ces œuvres que le Vatican ne voulait pas entendre, puis les grands airs de Maria Malibran, cette diva au destin tragique, et maintenant Sacrificum, ces mélodies destinés aux castrats dont elle devient d'un seul coup le porte-étendard pour dénoncer la cruauté qui leur était faite. Tout ça est bien rôdé, bien organisé, fait preuve d'un bel enthousiasme et d'une belle énergie, mais elle finit par en faire trop, la Bartoli, trop dans le plumage et pas assez dans le ramage. Dans les airs vifs, on attend plus de nuances, dans les mélodies tragiques, plus d'émotion, dans des longues arias, plus de tension. Et puis, si elle peut se targuer d'avoir enregistré là beaucoup de premières mondiales, ça ne veut pas dire que ce répertoire est digne de figurer dans les premiers choix. Sacrificium est un album impeccable, très beau, très pro. C'est tout.
Gérard Pangon

Airs d'opéra : Siface ; Germanico in Germania ; Semiramide riconosciuta ; Adelaide (Porpora) - Sedeccia ; La morte d'Abel... (Caldara) - Berenice (Araia) - Demofonte ; Adriana in Siria (Graun) - Zenobia in Palmira (Leo) - Farnace (Vinci)
Cecilia Bartoli (mezzo-soprano)
Il Giardino Armonico
Direction musicale : Giovanni Antonini
1 CD Decca (2009)
1 h 08 min

mis en ligne le mardi 22 décembre 2009

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