Mardi 15 octobre 2019
De longues Années de Pèlerinage
Louis Lortie reste au bord des abîmes lisztéens
 
Le même, pas pareil
Nicholas Angelich au plus profond des abîmes lisztéens
Années de Pèlerinage

« Ayant parcouru en ces temps bien des pays nouveaux, j’ai essayé de rendre en musique quelques-unes de mes sensations les plus fortes », disait Liszt de ces trois Années de Pèlerinage, éditées en 1883 mais commencées dès 1836. C’est bien là le problème : ces vingt-six pièces (deux heures trois-quarts de musique) charrient à elles-seules tout le romantisme. Schiller, Dante, Byron, Pétrarque, Sénancour sont convoqués, mais aussi des chants populaires, des thèmes religieux, des états d’âme liés à l’atmosphère des lieux, des impressions de voyage. Les pianistes y ont puisé des morceaux de bravoure (La Vallée d’Obermann, Après une lecture du Dante, Les Jeux d’eau de la Villa d’Este), mais bien peu se sont risqué à enregistrer l’intégrale. Succédant à Lazar Berman (surévalué) et Aldo Ciccolini (par deux fois : poète, mais par moments sans éclat), Nicholas Angelich en a donné une version sombre, tourmentée, grandiose. Avec le Québécois Louis Lortie, qui s’était essayé il y a vingt ans à la première Année, on a l’antidote d’Angelich. Sur un Fazioli cristallin, il brosse des paysages variés, fait montre d’un toucher sensible et d’une musicalité sans défaut, mais ignore tout arrière-plan. Parfois la séduction opère, mais jamais très longtemps, ce qui rend plus longs encore les longs développements lisztéens.
François Lafon 

Années de Pèlerinage
Louis Lortie (piano)
2 CD Chandos Chan 10 662 (2)
2 h 40 min

mis en ligne le dimanche 31 juillet 2011

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