Mercredi 30 septembre 2020
De la beauté mahlérienne
Lucile Richardot et Yves Saelens au faîte de la détresse mahlérienne
Mahler - Das Lied von der Erde

Révélée au Festival de Saintes en 2019 (voir ici), cette version de chambre du Chant de la Terre vient à la suite de celle, partielle, de Schoenberg, complétée par Rainer Riehm dans les années 80. Reinbert de Leeuw, compositeur, pianiste et chef d’orchestre mais aussi transcripteur d’œuvres du début du XXe siècle, a arrangé la plus célèbre des partitions de Mahler dans l’esprit de celles réduites pour petit ensemble et données lors des réunions de la Société d’exécutions musicales privées fondée par Schoenberg, à Vienne, en 1918. De Leeuw n’oublie pas l’opulence raffinée de l’original grâce à une instrumentation volontiers survoltée – exceptionnel De la beauté par Lucile Richardot accompagnée de vents énamourés ! – à la fois bruyante et sensuelle : insouciante ébriété de L’Ivrogne au printemps par Yves Saelens. Ailleurs, en revanche, les moirures du grand orchestre mahlérien peinent à s’incarner au sein d’un ensemble d’une quinzaine de musiciens, aussi talentueux que soit Het Collectief, entre la mélancolie du Solitaire en automne et les tonalités crépusculaires de L’Adieu. Qu’importe, car l’engagement des deux chanteurs est tel qu’ils atteignent ce mélange de félicité et de profondeur de la détresse mahlérienne.                           
Franck Mallet

Mahler/de Leeuw : Le Chant de la Terre
Lucile Richardot (mezzo-soprano), Yves Saelens (ténor)
Het Collectief
Direction musicale : Reinbert de Leeuw
1 CD Alpha 633 (dist. Outhere)
1 h 02 min

mis en ligne le mardi 8 septembre 2020

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